Les secrets des techniques instrumentales qui définissent le son du métal

28 mars 2025

La guitare palm mute : la dynamique au bout des doigts

Technique incontournable, le palm muting – ou étouffement à la paume – consiste à poser légèrement la tranche de la main droite sur les cordes proche du chevalet tout en les grattant. Cela crée un son à la fois percussif et étouffé, parfaitement adapté pour construire des riffs accrocheurs et lourds.

Le palm muting joue un rôle clé dans la création du son métal car il permet aux guitaristes de contrôler l’attaque et les résonances. Typique des genres comme le thrash ou le death metal, cette technique donne au jeu une précision rythmique chirurgicale, surtout couplée à des patterns comme les "gallopings" (omniprésents dans le heavy metal).

Un exemple marquant ? Pensez à "Master of Puppets" de Metallica où les riffs basés sur le palm mute donnent cette énergie frénétique et cette tension si caractéristiques.






Le downpicking : l’agressivité du jeu incarnée

La technique de downpicking, où chaque corde est grattée exclusivement vers le bas, est exigeante mais essentielle pour obtenir un son incisif et tranchant. Elle est particulièrement utilisée dans le thrash metal où elle aide à renforcer l’agressivité de la rythmique.

Prenez James Hetfield (encore lui !) : son incroyable endurance au downpicking sur des morceaux rapides comme "Battery" est légendaire. Cette technique n'est pas seulement une démonstration de puissance musculaire : elle influence directement le ton du morceau, accentuant son côté rugueux et martelé.






Le tapping : des textures sonores en cascade

Le tapping, popularisé dans le métal par Eddie Van Halen avec son légendaire "Eruption", implique de jouer une note en percutant directement la touche avec le doigt ferroce de la main droite (ou gauche pour les gauchers). Cela permet d’atteindre des vitesses extrêmes et d'explorer des harmonies complexes impossibles à réaliser avec un jeu standard.

Les guitaristes métal se servent brillamment du tapping pour créer des envolées mélodiques éclatantes ou des motifs répétitifs hypnotiques. Dans le djent et le post-metal, cette technique est utilisée pour tisser des textures atmosphériques. Pensez à des groupes comme Animals as Leaders, dont le leader éblouissant Tosin Abasi réinvente le tapping avec des guitares à huit cordes.






La double pédale : vecteur de puissance sur la batterie

Instrument moteur du métal, la batterie doit souvent repousser les limites du rythme et de la vélocité. La double pédale ou double grosse caisse s'impose comme un standard pour remplir cet objectif. Elle permet aux batteurs de jouer des patterns de pédale complexes à des tempos très élevés, ajoutant un impact inégalé aux morceaux.

Que serait le death metal sans ses roulements non-stop à la double pédale ? Des batteurs comme Gene Hoglan (Death, Strapping Young Lad) ou Derek Roddy (Hate Eternal) ont fait de cette technique leur arme principale. Elle est indispensable pour donner ce sentiment d’une force implacable et grondante, souvent en synchronisation étroite avec les riffs de guitare basse et de guitare rythmique.






Blast beats et breaks : la folie contrôlée

Pour les amateurs de métal extrême, les blast beats sont un langage à part entière. Ils consistent en un jeu ultrarapide où grosse caisse, caisse claire et cymbales alternent à des vitesses fulgurantes. Originaires du grindcore et du black metal (avec des pionniers comme Mick Harris de Napalm Death), les blast beats symbolisent la brutalité et l’intensité extrêmes.

Compléter ces passages frénétiques par des breaks – des ruptures soudaines où le rythme s'arrête brièvement ou ralentit – est essentiel pour créer de la dynamique et maintenir l'intérêt de l'auditeur. Ces moments permettent à l’agressivité de respirer avant de revenir avec encore plus de force.






Le rôle sous-estimé de la basse dans le métal

Souvent éclipsée par les guitares et la batterie, la basse joue pourtant un rôle primordial dans le métal. Non seulement elle renforce la section rythmique, mais elle ajoute souvent une profondeur et une texture uniques au mix. Des bassistes comme Cliff Burton (Metallica) ou Steve DiGiorgio (Death) ont su prouver à quel point une basse active peut élever un morceau.

Dans certains sous-genres, le slap est utilisé, comme dans le funk metal ou le nu metal. Les techniques de "slap and pop" introduisent des sons percussifs et claquants qui se marient à merveille avec des riffs syncopés, comme chez Korn ou Primus (même si on débat souvent si Primus appartient au métal pur).






Les vocaux : le combat entre growl, scream et chant clair

Le métal est l’un des rares genres où les voix peuvent passer d'un chant clair mélodique à des growls gutturaux ou des screams stridents. Ces techniques vocales offrent de nombreuses possibilités expressives, mais exigent une maîtrise vocale impressionnante.

  • Le growl (chant guttural) utilise le diaphragme et les cordes vocales pour produire un son bas et caverneux, typique du death metal.
  • Le scream, plus aigu, est courant dans le black metal ou le metalcore.
  • Le chant clair, utilisé dans le power metal ou le progressive metal, contraste souvent avec les styles agressifs pour créer un équilibre dynamique (pensez à Iron Maiden ou Opeth).

Chanter dans le métal, que ce soit avec des screams ou du growl, demande une endurance vocale énorme. Sans une technique appropriée et une hygiène vocale stricte, les chanteurs risquent des dommages aux cordes vocales. C’est un véritable sport en soi !






Les harmoniques artificielles : signatures des guitaristes métal

Les harmoniques artificielles sont obtenues en effleurant légèrement une corde avec un doigt fretté tout en la pinçant simultanément avec le mediator. Cela produit un cri aigu, perçant, souvent utilisé pour accentuer des riffs ou des solos. On entend cette technique signature chez des guitaristes comme Zakk Wylde ou Dimebag Darrell, où chaque harmonique éclate tel un coup de couteau sonore.






Composer l’identité sonore d’un riff

Les riffs dans le métal sont beaucoup plus qu’une succession de notes. Ce sont des éléments d’identification instantanés, construits avec un sens aigu de la rythmique. Techniques rythmiques complexes comme les métriques asymétriques (pensez à "Bleed" de Meshuggah) ou les syncopes définissent souvent ces motifs.

La vraie force d’un riff dans le métal réside dans sa capacité à marteler un message tout en restant captivant, qu’il s’agisse d’un riff épique dans le heavy ou d’un riff grotesque et oppressant dans le doom.






Au-delà des techniques : un art vivant et en constante évolution

Chaque technique abordée ici illustre le soin méticuleux des artistes qui façonnent le métal. Chacune de ces approches offre une palette d’émotions et de textures illimitées au service de l’intensité sonore. Mais plus que les outils eux-mêmes, c’est l’intention derrière chaque note, chaque rythme, chaque cri qui fait du métal un art vibrant et toujours en mouvement. Quels nouveaux horizons ces techniques vont-elles ouvrir dans les décennies à venir ? Le métal reste imprévisible, et c'est précisément ce qui le rend si fascinant.






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